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 Interview de Jean-Louis Fetjaine (juillet 2008)

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Prince of Mirkwood
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MessageSujet: Interview de Jean-Louis Fetjaine (juillet 2008)   Jeu 31 Juil - 10:13

Vous aviez délaissé l'imaginaire pour les récits historiques pourquoi avoir éprouvé la nécessité d'y revenir avec les Chroniques des Elfes ?
La première question est pourquoi je suis arrivé au récit historique. Je me suis toujours inscrit dans un imaginaire qui avait une base historique ou une base mythologique réelle, c'est-à-dire que l'univers du Crépuscule des elfes, de Lliane, c'est univers de la mythologie celtique et gaélique. Et une mythologie, c'est quelque chose qui a été une réalité pour des gens à une époque, ils y ont cru. Les dieux celtes, que nous avons tous oubliés alors que l'on connaît tous les dieux égyptiens ou grecs, ont été une réalité pour des gens à une époque. La mythologie celte a été une réalité pour des gens à une époque. Et donc c'est dans cet univers que j'ai inscrit mes personnages et dans l'univers géographique et historique du Haut Moyen Âge, c'est-à-dire à peu près l'an 500, entre la chute de l'Empire Romain, l'arrivée des Francs et l'installation de la religion chrétienne. Et il y a dans mes récits une grande importance accordée à l'arrivée de la religion chrétienne. Les premiers crépuscules des elfes même si ça n'était pas datée, dans mon esprit ça se passait à ce moment-là.

Ensuite, j'ai fait Le pas de Merlin et Brocéliande qui étaient des romans historiques en fait autour d'un personnage historique, parce que Merlin, son existence, non pas en tant qu'enchanteur, mais en tant que barde est quand même attestée par quelques récits. Donc il existait, c'était un barde gallois qui vivait dans le nord du pays de Galles vers 570. J'étais dans cette période, dans ce moment de l'histoire et quand Merlin passe de la Grande-Bretagne à la Petite-Bretagne, elle était alors sous domination de la reine Frédégonde. Tous mes livres ont une cohérence chronologique parce qu'en découvrant l'histoire de Frédégonde, je me suis dit quelle histoire incroyable, c'est mieux que tout, c'est un roman incroyable sauf que c'est vrai ! Je me suis donc intéressé à Frédégonde et à Brunehilde, et je l'ai fait avec énormément de plaisir. Mais le roman historique, c'est une bride, par définition, de l'imaginaire, parce que vous ne pouvez pas inventer l'histoire, sinon ça n'est plus du roman historique, et vous êtes constamment en recherche de documentation pour n'importe quoi. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas inventer comment les gens étaient habillés, vous ne pouvez pas inventer ce qu'ils mangeaient. Vous dites "Il se penche et regarde par la fenêtre", Stop!, est-ce qu'il y a des fenêtres en Gaule en 570 ? Cela donne des recherches très compliquées pour savoir s'il y a du verre. En fait, oui il y en avait mais on ne voyait pas à travers car le verre était très, très épais. Donc tout est très compliqué et revenir à l'univers des elfes, c'est de ce côté-là, un appel d'air et un retour à une liberté extraordinaires.

Pourquoi y revenir ? Parce que j'ai toujours eu le sentiment que l'histoire n'était pas achevée. J'avais envie de faire un quatrième tome au départ qui terminerait l'histoire, parce que Le Crépuscule des Elfes se termine avec la naissance d'Arthur, l'épée dans la pierre, etc., tous les éléments du récit arthurien, mais il manquait un dernier roman où Arthur devenu grand se confronterait à Lliane, aux Elfes et où ce monde sortirait. Il manquait la sortie des Elfes, finalement. Mais ce livre-là, qui par définition est un dernier livre, je le ferai le plus tard possible. Je me suis dit que plutôt que de faire ce dernier livre qui serait un point final, j'allais faire mon George Lucas et faire une préquelle, c'est-à-dire que j'allais imaginer Lliane dans un monde encore en équilibre et voir comment ce monde se déséquilibre.

Qu'essayez-vous de transmettre à travers vos récits ?
C'est une question marrante. D'abord, j'essaie de faire plaisir aux lecteurs, pas forcément de transmettre un truc. Ça représente maintenant près de 10 ans travail. Je me rends compte qu'il y a des choses récurrentes : une sorte de mise en abîme de l'humanité et de ce qu'est l'homme. L'idée du Crépuscule des Elfes est que l'Homme est une construction de différentes races ou peuples mythologique. L'Homme est en partie un monstre par sa violence larvée, est en partie un Nain par son industrie et sa cupidité, etc., que l'Homme a été construit par différents apports comme ça, et que l'homme aurait pu être autrement. C'est vrai qu'aujourd'hui, je pense que tous les gens qui aiment la Fantasy, ce qu'ils recherchent dedans c'est une alternative à un monde qui aujourd'hui n'en présente pas. C'est-à-dire que quand j'étais petit (j'ai 52 ans aujourd'hui), il y avait une vraie utopie politique, Mitterrand n'avait pas encore été élu, les gens croyaient en la politique. Moi, je suis un héritier de mai 68, j'avais 12 ans, ces gens-là portaient une utopie révolutionnaire. Cette utopie politique s'est effondrée, aujourd'hui plus personne y croit (sauf des extrémistes). L'utopie religieuse s'est effondrée aussi. Il reste quoi finalement ? Il reste l'idée de se dire que ça aurait pu être autrement et à un point extrême c'est peut-être autrement quelque part si on regarde bien sous les feuilles. Ne serait-ce que se dire que ça aurait pu être autrement à une époque, ne serait-ce de se dire il y a quand même encore des choses qui nous touchent, qui nous frappent. Il y a encore une magie dans la forêt elle-même. Vous mettez n'importe qui dans une forêt, il y a une façon d'être dans la forêt qui est différente de celle d'être dans la ville dans la rue ; on sait bien qu'il n'y pas de loup, il n'y a aucun danger, pourtant on a peur dans une forêt la nuit. On connaît aussi tous des endroits « un peu habités », où on a le sentiment de quelque chose, d'une présence... Donc c'est bon d'y croire, c'est bon de rechercher ça. Les lecteurs de Fantasy sont des personnes qui recherchent des munitions de leur imaginaire, qui ont envie d'y croire. C'est un croyant, c'est un croyant mais il ne sait pas dans quelle religion ! C'est l'envie de croire à quelque chose, et moi, c'est ma démarche. Ce n'est pas de la débilité, ce n'est « Oh, il est con, il croit aux fées », personne ne croit aux fées... mais c'est d'avoir envie de ce dire qu'un univers alternatif peut être cohérent. Tolkien construit un monde cohérent, il y a des gens comme ça. Frank Herbert, qui a fait Dune, propose un monde cohérent. Et quand des mecs construisent des mondes cohérents, surtout quand on a le sentiment que ce monde pourrait être le nôtre, eh bien ça marche, je trouve ça bien. C'est pour ça que je mélange toujours des éléments historiques quantifiables voire même des éléments géographiques : ça se passe à tel endroit avec un nom de ville, quelque chose de précis qui existe toujours aujourd'hui. En fait les hommes de mes récits sont des hommes du Haut Moyen-Âge à la virgule près, l'organisation, l'Église, l'organisation sociale, etc., ce sont celles des hommes du Haut Moyen-Âge sauf qu'ils côtoient des Elfes.

J'ai une maîtrise d'Histoire médiévale. Il faut voir une chose, le Moyen-Âge a duré 1.000 ans alors qu'il n'y a que 500 ans qui nous séparent du Moyen-Âge. Donc un homme de 1.500, le Haut Moyen-Âge de l'an 500, c'est 1.000 ans avant pour lui ! Il n'a donc aucune idée de ce que s'était ! On ne peut pas se représenter ce que s'était. Les gens à l'époque vivaient dans un univers totalement magique, ils y croyaient tous, mais tous ! Une magie chrétienne, si on lit des vitas (les vies de Saints), c'est bourré de magie, c'est bourré de merveilleux. Ils vivaient dans cet univers là. C'est notre Far-West à nous, c'est notre mythologie à nous, les Elfes, etc. C'est une mythologie oubliée donc entièrement à réinventer, c'est ça qui est vraiment formidable. Il y a eu sur cette Terre, à cet endroit, des gens qui ont vécu, ce qu'ont vécu plus près de nous les Amérindiens. Ils vivaient dans un monde profondément religieux, en communion profonde avec la Nature. Je trouve qu'il y a une grande ressemblance, du moins c'est comme ça que je fais, entre les Indiens d'Amérique du Nord et les Elfes. Pour moi quand je suis avec les Elfes, je pense aux Indiens, parce qu'il y a le même genre de communion, le même genre d'attitudes, etc.

A propos de mythologie : tous vos récits sont profondément ancrés dans celle des Celtes. Avez-vous déjà envisagé de vous intéresser à d'autres mythologies ?
C'est un mélange de mythologie celtique et gaélique et ce n'est vraiment pas la même. La mythologie gaélique, c'est la mythologie d'Irlande qui est très présente dans Lliane. Chaque chapitre commence par un texte en italique qui est purement de la mythologie gaélique avec une réécriture du parcours des dieux, ce qu'on appelle Tuhata des Dannans, les tribus de la déesse Dana. Cela explique comment ces gens-là, dans Lliane et dans Le crépuscule des Elfes, vont donner naissance aux races et aux peuples et donner des talismans. C'est une histoire dans l'histoire qui est totalement issue de la mythologie gaélique.

La mythologie germanique et scandinave, qui est celle de Tolkien, elle est présente par défaut parce que les Elfes n'existent pas dans la mythologie celtique, c'est vraiment la mythologie scandinave, les Elfes, ainsi que les Nains d'ailleurs. Il y a des Nains dans les récits arthuriens mais très peu, alors que les fées il y en a des wagons. C'est une mythologie profondément humaine et matérielle, c'est ça qui me gène et je trouve que c'est une mythologie qui manque de spiritualité. Les dieux scandinaves, c'est tous des dieux guerriers, ils ont une seule idée, buter le maximum de gens, ou d'amasser le plus gros trésor. C'est un univers très très guerrier. Les Scandinaves sont des guerriers, point final. Leur mythologie est à leur image et ce ne sont absolument pas des spirituels. Alors que les Celtes ont été un peuple guerrier absolument redoutable, mais ils ont rapidement déposé les armes et à partir de l'invasion romaine, pendant des années et des centaines d'années, c'est un peuple pacifique qui développe une spiritualité à son image. De plus, c'est une société matriarcale alors que la société scandinave est patriarcale où les femmes ne sont absolument rien. Il y a quelques déesses guerrières mais les déesses guerrières scandinaves sont les Walkyries et tiennent du repos du guerrier. Quand vous serez mort, vous aurez une walkyrie avec des gros nichons pour vous faire plaisir. Chez les Celtes c'est la femme qui a le pouvoir, le roi n'est que le bras armé de la reine, c'est la reine qui déteint la pratique de royauté. Et ça change tout : il y a des déesses, énormément de déesses : de la fertilité, des moissons... C'est un univers que je trouve plus satisfaisant. Mais bon, chacun son truc !

Vous parliez des Indiens d'Amérique. Vous intéressez-vous au chamanisme, aux Mayas..?
Oui, oui. Vous savez ils sont extrêmement proches : il y avait chez les Celtes des guerriers-chiens, des guerriers-aigles, des guerriers-ours comme chez les Sioux. Je me suis beaucoup intéressé aux Sioux et aux Cheyennes. Les Cheyennes étaient un peuple extrêmement spirituel, très intéressant. Eh oui, je mets énormément dans les Elfes de choses qui viennent des Indiens d'Amérique du Nord et notamment tout ce qui touche au chamanisme, l'identification à l'animal, le totem, etc. Mais ce n'est pas purement gratuit. Encore une fois, ça existait chez les Celtes qui, plutôt que de dire qu'ils avaient des archers, des fantassins lourds, des piquiers etc., ils parlaient de guerriers-aigles qui étaient les éclaireurs, des guerriers-ours qui étaient les gros bras puissamment armés, etc. Il y avait cette idée-là, de s'inspirer d'un animal pour le combat, pour l'attitude, pour la vie. En poussant ça un peu plus loin, on arrive au chamanisme. Mais les druides sont des chamanes, c'est absolument évident. Et c'est une société dans laquelle cet univers à la fois magique et médical, parce que ce n'est pas que de la magie "chabada ! je fais apparaître une pierre". En réalité les druides sont des gens qui ont un savoir médical, ils ont une pharmacopée que l'on redécouvre petit à petit qui est efficace, ils connaissent les principes réels des plantes, des pierres (la médecine minérale), la médecine du couteau (la chirurgie), etc. Dans cet univers-là, la connexion de l'homme et l'animal n'est pas que magique au sens abracadabra, elle repose sur une sorte de connaissance empirique du monde, due à son observation pendant des centaines et des centaines d'années. Il y a eu un recul à ce moment-là, ça s'est encore historique, un recul de la médecine absolument extraordinaire avec la domination chrétienne sur le Moyen-Âge avec la disparition des druides et de ce que l'on a appelé les sorcières qui étaient les druidesses. La médecine a reculé brutalement. On n'avait plus le droit de soigner les gens avec des plantes parce qu'on était un empoisonneur, parce qu'on faisait des potions. L'image de la sorcière qui touille son chaudron, c'est une druidesse qui prépare une potion. Et ces gens-là ont été brûlés à tour de bras, résultat ? Ça donne quoi ? Ça donne les pestes en 580, la grande peste de 1300, etc. Pourquoi ? Parce les gens ne savent plus se soigner ! Et Vlam, vous avez la moitié de l'Occident qui tombe à terre parce qu'il n'y a plus un mec qui est capable de soigner ! Il faut attendre Napoléon parce qu'il butait un maximum de mecs sur le champ de bataille. Il a remis en place une médecine qui tienne debout. Sous Louis XIV, les médecins de Molière sont toujours le produit de cet univers qui a été détruit à une époque. Est-on dans l'imaginaire, est-on dans l'Histoire ? On est dans l'Histoire, on voit que tout ça a une cohérence.

Une question un peu à part : vous êtes également éditeur, quel auteur aimeriez-vous avoir à votre catalogue même si vous ne faites plus dans la Fantasy ?
J'ai édité Robin Hobb sous le nom de Megan Lindholm (son vrai nom d'ailleurs), différents Français, Stephen Donaldson, différents grands auteurs américains. En ce moment, je ne n'en fais plus, alors je ne sais pas. On a fait une collection de petits bouquins pour enfants, de petits contes illustrés par des photos travaillées en infographie où les enfants deviennent des fées, des lutins etc. Ça, c'est vraiment la collection que j'essaie de défendre et d'imposer, ce qui n'est pas facile. Proposer aux enfants, aux lecteurs de demain, une entrée dans l'imaginaire c'est vachement bien, vraiment important. J'ai le sentiment que les générations qui précèdent étaient plus éduquées par le livre que par la télé qui était moins présente. Quand j'étais petit, il n'y avait qu'une chaîne, il n'y avait pas d'ordinateur, pas d'Internet. On lisait beaucoup plus et on lisait des contes. Les contes de fée faisaient partie de la culture. Aujourd'hui, non ! Les mômes sont éduqués par la télé à 100% ou à 90% par les jeux vidéo et pour 20% peut-être par les bouquins. Il y a fatalement à terme une disparition de cet univers-là en tant que source pure de notre culture, au profit d'un imaginaire revu et corrigé à la mode américaine mondiale du type Winx Club, des petites fées barbies qui donnent lieu à du marchandising. C'est simple en fait, quand on parle de fées aux mômes, elles pensent à quoi ? Elles pensent à des Barbies avec des ailes dans les dos. Je trouve que c'est important d'essayer de retrouver un peu et d'éveiller l'intérêt pour quelque chose d'un peu plus ancré dans les légendes et dans la mythologie ancienne.

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MessageSujet: Re: Interview de Jean-Louis Fetjaine (juillet 2008)   Jeu 31 Juil - 10:13

Parlons de vos projets. Lliane est le premier tome de la trilogie, où en êtes-vous dans la conception des 2 autres tomes ?
Ce n'est pas forcément une trilogie. J'en suis à la moitié de l'écriture du tome 2 qui s'appelle Dans les Terres Noires où Lliane se trouve, à la fin du tome 1, capturée. Le tome 1, c'est un monde qui bascule. Il y a le début de quelque chose qui va s'appeler la Guerre des dix années, qui va marquer le début de la fin. Elle a été faite prisonnière, elle est embarquée et elle se retrouve dans les Terres Noires, c'est-à-dire chez les Orques. Elle est mise devant un choix : soit elle est tuée tout de suite, soit elle s'enrôle dans l'armée des Orques ainsi que les Elfes, les Nains, etc., qui sont pris par les Orques. Il y en a donc plein qui vont devenir des Elfes noirs, des humains qui deviennent méchants... Il y a une espèce de basculement de toute une humanité, de toute une elfité dans le camp du mal. Elle va résister à ça et s'évader au prix d'aventures... Mais ce n'est pas une trilogie, je suis plus dans l'idée de faire ce que Robin Hobb a fait avec L'Assassin royal. Raconter à travers une série de récits comment Lliane est devenue Lliane et de la promener de livre en livre, à travers quelque chose de chronologique, parce que fatalement il y a une fin. Ça ne durera pas 200 tomes, parce qu'elle doit rejoindre le début de l'histoire et que ça dure 10 ans : on est au début de la Guerre des dix années, soit en fait 30 ans avant le début de l'histoire. C'est cadré...

Elle va traverser un certain nombre d'univers : tome 2, elle est chez les monstres, tome 3, elle sera dans les montagne des Nains, tome 4, elle peut se retrouver avec les Elfes des havres etc. Visiter un peu le monde, visiter des univers. Ça peut être marrant, on peut aller rejoindre des trucs qui ressemblent aux Indiens, des trucs qui ressemblent à la mythologie arabes, il peut y avoir différentes choses comme ça... pour rejoindre finalement l'histoire. Et mettre le point final avec le tome 4 de la trilogie qui deviendra une tétralogie avec Arthur. Et c'est marrant parce que dit comme ça, ça a l'air d'être une espèce de plan cohérent et ça ne l'est pas du tout. Je me rends compte que tout ce que j'écris se passe dans la même période. Le père de Lliane qui s'appelle Morvrin, c'est le père de Merlin dans Le Pas de Merlin et Brocéliande, Morvrin rencontre une femme dans le tome 2 qui s'appelle Aldane qui donne naissance à Merlin, ce qui fait de Merlin le demi-frère de Lliane.

Je mets en cohérence mon univers mais ce n'est pas une espèce de plan construit. C’est la même chose pour George Lucas, je pense. Il essaie rétrospectivement de donner une cohérence à ce qu'il fait. C'est un exercice assez sympa de se dire ‘je vais faire un truc qui tienne debout’. Le lecteur du Crépuscule des Elfes retrouve dans Lliane, parfois dans des rôles de figurants, des gens qui vont être importants plus tard. On voit comment ils rentrent dans l'histoire… J'ai beaucoup de plaisir à faire ça.

Saviez-vous dès le départ que ça ne serait pas juste une trilogie ou est-ce à force d'écrire que c'est devenu plus important ?
Pour des questions purement comptable, l'éditeur, Fleuve Noir, a envisagé de faire au moins une trilogie. Si ça ne marche pas, on a au moins une trilogie. Si ça marche, on ne s'arrêtera pas là. On ne sait vraiment jamais. Avec Les Reines Pourpres, je pensais en faire 15 au départ... Dans ma tête c'est construit, ça peut donner 4 tomes, ça peut donner 5, 6 ou 10... Mais c'est au moins une trilogie.

Quel ordre de lecture conseillez-vous pour La trilogie des Elfes et ses préludes ?
La trilogie en premier, sinon si les gens doivent attendre la fin de la préquelle alors que moi je ne sais quand elle se finira. Ils ne l'auront peut-être jamais ! Je pense que la trilogie a une cohérence en soi, elle raconte vraiment la fin d'un monde. Elle raconte le passage de la mythologie tolkienienne à l'univers arthurien. Elle est très arthurienne alors que Lliane ne l’est pas ou très peu. On va y rentrer mais de façon très progressive, c'est une mythologie humaine, c'est-à-dire que ce sont les hommes qui amènent Arthur, ce ne sont pas les Elfes. Les hommes sont très peu présents dans les premiers tomes, le basculement va se faire très progressivement. Ce sont des hommes qui à l'époque sont encore en train d'hésiter entre les religions. Ils sont encore une des tribus de la déesse Dana. Ils sont donc encore dans l'ancienne religion et voient arriver, parfois avec réticence, cette nouvelle religion. Ça s'est passé historiquement : un roi, Péléhune, qui va s'appuyer dessus pour prendre le pouvoir comme Clovis l'a fait à l'époque des Francs. Il s'est appuyé sur la religion chrétienne pour devenir le roi des Francs puis ensuite le roi de l'Empire franc. À cette époque-là, avant Clovis, une espèce d'époque un peu indéfinie, évidemment, cet univers est encore très ouvert.

Vous reste-t-il du temps pour d'autres projets ?
Mon activité première c'est d'être éditeur. Je fais donc mes romans le week-end. J'ai un livre dans la petite collection pour enfant qui sort en septembre, Les Elfes d'automne, qui est constitué de photos de Sandrine et Jean-Baptiste Ramohin qui ont fait la couverture de Lliane. Elles sont faites avec des petites filles noires ou métisses. C’est une histoire avec une petite Elfe qui s'appelle Automne, à une époque où il n'y a que l'hiver et l'été. On passe directement de l'hiver à l'été et tout le monde s'enrhume. Un soir elle se met à peindre la forêt aux couleurs de coucher de soleil et la fée de l'hiver et la fée de l'été voient ça. Elle trouvent ça intéressant, et veulent garder ça. "Tu t'appelles comment ?" "Je m'appelle Automne !" "Alors on va appeler ça l'automne et chaque année tu nous fais pareil". Et elle crée l'automne. C'est une petite histoire pour enfant très mignonne et j'aime bien raconter des histoires comme ça aux enfants. Et c'est très bien illustré, c'est très joli ! Voilà pour mon actualité.

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